Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?

La polyarthrite rhumatoïde, souvent appelée arthrite rhumatoïde, est une maladie causée par une inflammation chronique des articulations. L’inflammation (rougeur, douleur, enflure, sensation de chaleur) se produit parce que le système immunitaire, c’est-à-dire le système de défense de l’être humain, s’attaque aux articulations saines. C’est ce qu’on appelle une maladie auto-immune. L’arthrite rhumatoïde peut toucher n’importe quelle articulation, mais elle affecte le plus souvent celles des mains et des pieds. Cette réaction inflammatoire peut aussi toucher d’autres organes que les articulations.

Quelle est son origine ?

La cause exacte demeure encore inconnue, mais nous comprenons de mieux en mieux ce qui provoque les réponses anormales du système immunitaire. Nous savons qu’un gène lié à l’augmentation du risque d’avoir la maladie est plus présent dans les familles des personnes atteintes.

Elle affecte un Canadien sur 100, survient généralement entre 25 et 50 ans et touche trois fois plus de femmes que d’hommes.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes les plus fréquents comprennent :

  • une raideur matinale qui dure plus de 30 à 60 minutes;
  • une douleur dans trois articulations ou plus en même temps;
  • une douleur articulaire qui persiste la nuit;
  • une douleur dans les mêmes articulations des deux côtés du corps;
  • de la faiblesse et de la fatigue.

Les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre. Ils peuvent se présenter de façon progressive, ou s’installer rapidement sous forme d’une crise aiguë accompagnée de symptômes qui ressemblent à ceux de la grippe. Certaines personnes sont atteintes d’une forme bénigne, c’est-à-dire qu’elles ont des poussées (inflammation, douleur) et des rémissions. D’autres peuvent avoir une maladie active en permanence, avec une aggravation progressive de leur état.

Quelles sont les conséquences ?

L’inflammation provoque une usure des articulations et de l’os. Dans les formes graves de la maladie, les articulations peuvent se déformer et devenir trop rigides pour fonctionner, de sorte que tout mouvement devient difficile.

En ce qui concerne les atteintes non articulaires, il est rapporté que 20% des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde auront des nodules (petites bosses) sous la peau, souvent situés près du coude. Parfois, l’inflammation atteint certains tissus du coeur et des poumons. Certaines parties des yeux et de la bouche peuvent aussi être enflammées, ce qui se traduit parfois par une sécheresse des yeux et un manque de salive. Rarement, les vaisseaux sanguins, la peau, les nerfs et d’autres organes peuvent être touchés.

Comment traiter la polyarthrite rhumatoïde ?

Il n’existe aucun traitement qui guérit cette maladie, mais certaines mesures peuvent être prises pour la maîtriser.

Mesures non pharmacologiques

  • Repos/relaxation
    Le repos d’une articulation enflammée, autant que la sieste en général, peuvent être bénéfiques. On peut alterner des périodes de repos avec des périodes d’activité.
  • L’exercice
    La douleur et la rigidité entraînent souvent l’utilisation des articulations non atteintes, ce qui aggrave la diminution de la mobilité des articulations atteintes. Certains exercices, tels que la marche, la natation et le vélo, pratiqués une à deux fois par semaine peuvent améliorer les symptômes de la maladie. Les conseils d’un physiothérapeute pourront aider à déterminer quelle forme d’exercice convient le mieux à chacun.
  • Chaud/froid
    La chaleur aide à détendre les muscles douloureux et à soulager la douleur articulaire et la raideur. L’application de froid aide à réduire l’enflure.
  • Protégez vos articulations
    Après des mouvements répétitifs, prenez une période de repos. N’hésitez pas à vous munir d’appareils, par exemple un chariot, pour transporter vos achats. Conservez un poids santé, ce qui évitera un surplus de stress sur vos articulations.

Mesures pharmacologiques (médicaments)

  • Les anti-inflammatoires
    Ils sont utilisés pour soulager la douleur et l’enflure. Parmi eux, il existe des médicaments en vente libre, comme l’ibuprofène, l’aspirine, le naproxène sodique, ou des médicaments sur ordonnance. Il est possible de devoir patienter quelques semaines avant de voir l’effet bénéfique des anti-inflammatoires. Si vous prenez des anti-inflammatoires sans ordonnance médicale, vous devez en discuter avec votre médecin, car ces médicaments comportent certaines contre-indications et mises en garde et certains risques d’effets secondaires qui commandent une évaluation médicale. Par exemple, de récentes mises en garde au sujet des anti-inflammatoires impliquent que vous devez faire preuve de prudence à utiliser ces médicaments si vous êtes atteint de maladies cardiaques ou avez des antécédents d’accident vasculaire cérébral (AVC).
  • Les antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM)
    Ils sont introduits afin de ralentir l’évolution de la maladie. Ils peuvent mettre jusqu’à trois mois avant d’agir. Ces médicaments (par exemple, le méthotrexate, la sulfasalazine, l’azathioprine, l’hydroxychloroquine, et le léflunomide) tentent de diminuer l’activité anormale de votre système immunitaire. Il peut aussi arriver que l’on combine ces médicaments afin de mieux maîtriser la maladie. Les patients qui reçoivent ces médicaments doivent être assidus à leur traitement pour bénéficier au maximum de leurs effets bénéfiques.
  • La cortisone
    Les dérivés de cortisone sont habituellement réservés lors de crises aiguës ou chez les patients qui ne répondent pas aux anti-inflammatoires et aux ARMM, car ils peuvent comporter certains effets secondaires importants. La dose la plus faible capable de produire des bénéfices devrait être utilisée.
  • Les modificateurs de la réponse biologique (MRB)
    Il s’agit d’une nouvelle classe de médicaments qui bloquent l’activité de certaines substances responsables de l’inflammation. Les inhibiteurs du facteur de nécrose tumorale alpha (anti-TNF alpha, comprenant l’adalimumab, l’infliximab, l’étanercept, le certolizumab et le golimumab) constituent un exemple de cette classe de médicaments. Il existe d’autres modificateurs de la réponse biologique qui ne sont pas des inhibiteurs du facteur de nécrose tumorale alpha tels que l’anakinra, le tocilizumab, l’abatacept et le rituximab. Souvent envisagé dans les formes modérées ou graves de la polyarthrite rhumatoïde, le recours à ces médicaments permet de maîtriser la maladie lorsqu’elle s’est avérée réfractaire aux autres traitements, et ce, en plus de prévenir la progression des dommages structuraux. De tels agents sont très efficaces dans le traitement de l’inflammation et de la douleur dues à la polyarthrite rhumatoïde. Il existe différents modes et fréquences d’administration de ces médicaments et il importe de discuter avec le médecin des particularités de chacun.
  • Les autres traitements
    Il existe d’autres traitements contre la polyarthrite rhumatoïde qui ne sont pas décrits dans ce document. Parlez-en avec votre médecin ou votre pharmacien.

Pour toute question concernant la polyarthrite rhumatoïde, ainsi que pour des conseils sur les traitements et/ou les effets secondaires des médicaments qui y sont reliés, n’hésitez pas à consulter votre médecin ou votre pharmacien.